28 juin 2009
Cristallisé
Ma foi, ça gèle.
Le temps passe, le cerveau s’engourdit sous l’inactivité. La température baisse, et avec la brise du nord tombent quelques flocons de neige. Une fine pellicule d’un blanc immaculé recouvre bientôt tout le pays de mon imagination. Bientôt, tous les repères s’effacent et il est quasi-impossible de savoir quelle épaisseur fait le manteau neigeux. Le froid cristallise bientôt tout ce blanc. La neige devient glace. La glace durcit. Durcit encore. Devient diamant. Figé. Pas mort, mais pas vivant.
Ma foi, ça gèle, par ici.
Un jour viendra la fonte des neiges…
Sven Thomasson Vërgson
28ème jour de Juin 2069
24 juin 2009
Super-héros
"T'as jamais rêvé d'être un super-héros Sven ?"
Pourquoi, pourquoi, POURQUOI faut-il toujours que la première image qui vienne à l'esprit quand on parle de super-héros soit ce foutu collant rouge et bleu ? Mais Hurley a dû voir l'éclat d'horreur dans mes grands yeux ronds, a compris, et a ajouté :
"Non, mais non, pas celui-là !"
J'ai poussé un 'ouf' de soulagement.
"T'es con" qu'il a ajouté. Je le savais déjà.
"Mais je SUIS un super-héros, Hurley.
- Ah ouais ?
- En tous cas, c'est comme tel que me considère Svetlana.
- Pour elle tu es un super-héros ?
- Ouais. L'homme invisible."
Il s'est marré. Moi aussi. Si on peut pas se moquer de soi-même, qui le peut ?
"Nan, mais sérieux ?
- Sérieux ? Nan. L'humanité, en groupe, est trop ingrate. Pas d'raison que je me prenne toujours tout dans la gueule pour que les gens se foutent de ma tronche à cause de mon costume. Et toi ?
- Boarf. Maintenant que tu le dis, j'hésite. Mais ça serait surtout pour le super-pouvoir quoi."
J'ai haussé les épaules.
"Et HD, tu le vois en super-héros ?
- Ah ah ! Carrément pas ! Il n'a ni la carrure ni la mèche de rebelle.
- Oui, mais si un homme chauve sourit, on peut l'appeler Batman, non ?"
Oui, tu l'auras compris : je tiens une super pèche, en ce moment.
Sven Thomasson Vërgson
10 jours après le 14ème jour de Juin 2069, et oui, je sais, ça fait beaucoup trop...
14 juin 2009
La vie à l'envers
Mon pote Hurley, c'est pas la moitié d'un con.
"Tu sais Sven, la vie c'est bien foutu, c'est juste qu'elle est montée à l'envers."
Ouais, ouais, je sais, mais attend voir le développement.
"Regarde Sven : déjà, si on commençait par mourir, ça nous éviterait ce traumatisme qu'on redoute tout au long de notre vie."
Déjà c'est pas con, non ?
"Ensuite, on se réveillerait dans un asile de vieux, faible et fatigué, mais on irait mieux de jour en jour. On s'occuperait de nous, on nous ferait la bouffe et la toilette. Et puis, finalement, on finirait par nous foutre dehors sous prétexte de bonne santé."
J'me suis marré. Encouragé, Hurley a continué sa démonstration.
"Pendant quelques années, tu commencerais par toucher ta retraite, histoire de finir de te requinquer. Et puis bon, faudrait bien finir par bosser, mais pour ton premier jour de travail on te ferait cadeau d'une montre en or ou d'un appareil photo qui va sous l'eau. A ce moment là, tu bosserais environ quarante ans, jusqu'à ce que tu sois suffisamment jeune pour profiter de la fin de ta vie active."
J'ai décapsulé deux bières, porté la mienne à mes lèvres, mais lui a continué son délire.
"Et hop, voilà. T'aurais vingt piges, tu irais de fêtes en fêtes, tu passerais ton temps à boire et baiser, tu te moquerais du reste du monde, et aucun problème grave ne t'atteindrait. Puis ce serait le collège, tu jouerais avec tes copains sans aucune obligation aucune. De plus en plus jeune, tu aurais de moins en moins de soucis... jusqu'à devenir bébé."
J'ai remis ma bière à la bouche en le têtant comme un biberon. Hurley se laissa aller dans le fauteuil moelleux, satisfait, contemplant le liquide ambré de sa bouteille.
"Au final, tu passerais les neuf derniers mois au chaud, en flottant paisiblement... et tu quitterais ce monde dans un orgasme !"
Mon pote Hurley est un génie.
Sven Thomasson Vërgson
14ème jour de Juin 2069
11 juin 2009
Remplissage automatique
Cette page est bien l'une des rares choses chez moi qui, en ce moment, ne se remplit pas toute seule et reste désespérement vide tant que je ne fais pas l'effort - parce qu'hélas, c'en est devenu un - de venir l'approvisionner.
En dehors de cela, les vides se creusent et les manques se multiplient, mais ils sont aussitôt comblés par des sortes de remblais de vie qui semblent patienter sur le bord de mon existence, n'attendant qu'une chose : qu'un blanc se libère dans mon quotidien pour couler à sa place. Deux conséquences à ce drôle de phénomène : je n'ai pas le temps de souffler ; ceux qui vont à la chasse perdent leur place.
En rentrant chez moi ce soir je n'aurai pas coché un dizième des douze points rédigés dans la colonne "à faire" de mon agenda cette semaine ; j'aurai un voyant rouge qui clignotera frénétiquement sur mon téléphone, des enveloppes et des prospectus dégueulant de ma boîte aux lettres, des mails en gras plein ma messagerie, du linge sale jusque par terre, et de la poussière jusque sur le linge sale.
Et rien dans le frigo.
Mon frigo est bien l'une des rares choses chez moi qui, en ce moment, ne se remplit pas tout seul et reste désespérement vide tant que je ne fais pas l'effort - parce qu'hélas, c'en est devenu un - d'aller l'approvisionner.
En dehors de cela, les vides se creusent et les manques se multiplient, mais ils sont aussitôt comblés par...
Etc, etc, etc.
Sven Thomasson Vërgson
11ème jour de Juin 2069
31 mai 2009
Cassé(e)
"Et alors là, crack, j'ai entendu l'os céder. J'ai alors ressenti une douleur, Sven, j'te raconte pas ! T'imagines même pas."
Oh, pas besoin que tu me racontes. Et pas besoin d'imagination : ça m'est déjà arrivé, une fracture, et je sais comment ça fait mal.
"Je sais pas comment dire, ça fait comme un coup de poignard, là..."
Ah, ça, je peux pas te dire, j'ai jamais été poignardé. C'est d'ailleurs marrant de voir avec quelle facilité les gens ont recours à cette métaphore du coup de poignard. Comme s'il y avait beaucoup de gens qui savaient ce que ça fait, de prendre un coup de poignard.
"Et là, tu vois, je voulais pas crier, fallait que je sois fort devant Laura. Alors je me suis concentré sur autre chose...
- Putain, ta jambe venait de casser et tu as réussi à penser à autre chose ?
- Ouais. Réflexe : j'ai pensé à Hitomi.
- L'actrice porno asian ?
- Tu connais ?
- Non."
Un ange passa. J'aurais pu jurer qu'il avait les yeux bridés.
"Et ça a marché ?
- Ouais. Et puis, tu te fais à la douleur. Sur le coup, Laura a crié de surprise et de peur. Et quand j'ai dit que ma jambe était cassée mais que ça allait, elle est partie chercher les secours.
- Super romantique, ton approche de séduction.
- J'ai pas fait exprès de tomber, hein.
- Quoique c'est peut-être une bonne idée, le coup de la blessure.
- Nan. Elle a cassé dès le lendemain."
Me suis marré. Il a fait la gueule. J'ai arrêté de rire.
"Tu sais Sven, c'est pas pour faire de mauvais jeux de mots hein. Mais avec le recul, j'ai l'impression qu'avec les femmes plus je fais des avances et plus je fais du sur-place."
J'ai fais 'toc-toc' sur son plâtre.
"C'est pas maintenant que ça va changer, j'crois bien, ah ah ! ... Hem... pardon."
J'suis con des fois.
Sven Thomasson Vërgson
Dernier jour de Mai 2069
26 mai 2009
Comme un lundi
Faire le dos rond est en général l'apanage des chats. En sirotant mon rhum au Jazz Cat hier, je me suis rendu compte que c'était également celui des piliers de bar.
Avachi sur le comptoir, l'homme arrivait en effet à former une courbe bizarrement gracieuse avec sa colonne vertébrale, depuis sa nuque posée sur le zinc jusqu'à son cul posé sur le tabouret haut. Il s'appelle Krom et il grommelait, sans pour autant qu'on puisse déterminer un quelconque lien entre son prénom et l'action entreprise.
"Heu... hem... mec... tu saurais pas quel jour qu'on est ?" me demanda-t-il en entrouvrant les paupières, la bouche visiblement si pâteuse que je m'attendais presque à en voir dégouliner terre et petits graviers.
"On est lundi.
- Sûr ?
- Tu pues comme si tu n'avais pas pris de douche depuis deux jours, ton pantalon est tâché de sauce Chili, et tu n'as aucun souvenir de comment tu t'es retrouvé juché sur ce tabouret.
- Ah ouais... on est lundi..."
Sacré Krom. Sa machoire du bas légèrement avancée, sa barbe broussailleuse et ses cheveux filasses lui donnent l'air d'un Néandertal. Et, à dire vrai, son accoutrement comme son attitude ont tout de l'homme des tavernes. Un homme qui n'est pas près de sortir de l'âge de bière, c'est moi qui te le dit.
Il ouvrit et ferma la bouche plusieurs fois, comme s'il mâchait du sable. M'est avis qu'il en avait assez dans le gosier pour bâtir un château.
"Faut que... faut je z'invente une boisson pour la gueule de bois.
- Une autre que la bière ?
- Non mais heu... oh ? Contre la gueule de bois. Dis. Oh.
- Pardon, je t'avais pas compris, Krom.
- Une boisson... contre. La gueule de bois. Tain, ça partirait comme... comme des ptits pains.
- Autant vendre des petits pains du coup, non ?
- ... oh putain, ouais, t'as raison mec."
Son visage s'est reposé au frais sur le zinc du comptoir, j'ai pas pu retenir un rictus, et Lewis me l'a reproché d'un sourire : c'est pas très beau de se moquer, ni très glorieux d'avoir eu le dessus dans une discussion de ce genre. C'est l'un de mes petits défauts récurrents, un vrai problème : je me sens un peu trop souvent supérieur à la majorité de mes semblables.
M'enfin, je me suis puni tout seul : j'avais envie de pain, du coup, et la boulangerie était fermée.
Bien fait.
Sven Thomasson Vërgson
26ème jour de Mai 2069
20 mai 2009
Un chat
"Miaw...?"
Je n'ai pas sursauté, pas vraiment, mais ça m'a sorti de ma rêverie. Je marchais tranquillement dans les tunnels givrés vers le quartier d'HD, en avance sur l'horaire qu'il m'avait indiqué, pas vraiment pressé, pas vraiment occupé. Mon esprit déambulait dans les méandres de mon cerveau un peu plus au hasard que mes pas dans les galeries pleines d'échos de la cité Azur.
Le chat m'observa depuis le rebord d'une fenêtre d'un bloc d'habitation, et - comme d'habitude avec les félins - j'eus l'impression qu'il me souriait. Alors je me suis approché et j'ai commencé à lui faire la conversation, comme ça, en passant.
"Eh bah alors, bonhomme, comment ça va ?"
"Qu'est-ce que tu fiches ici, tu te pèles pas un peu le fion ?"
"Tu n'as pas de chez toi ? On n'a pas tous la chance d'appartenir à une mémé qui suchauffe son appart, hein ?"
Mais le chat ne me répondit pas. Pire : après seulement quelques mots, il détourna la tête comme si je n'existais pas. Même ses oreilles, pourtant si mobiles, ne se tournèrent plus dans la direction d'où venaient mes mots. Et cela confirma l'impression que j'ai toujours eu au sujet des chats : s'ils me semblent en permanence afficher un air rieur, ils agissent toujours d'une façon sacrément snob.
Pas vexé pour un sou, j'ai souri et j'ai tendu la main pour lui gratter l'échine : ils ont beau être sacrément snob, j'ai toujours adoré les chats. Celui-ci, hélas, ne partageait pas mon affection : vif comme l'éclair, il me fila un coup de patte sur la main.
"Hé !" m'écriais-je.
"Sshhhhh !" me répondit-il.
J'aime bien les chats, hein, mais faut pas pousser. Du coup je l'ai chassé d'un coup de pied en suçant le sang perlant des stries sur ma peau.
C'est vrai, quoi : s'il ne voulait pas me parler, c'était pas la peine de m'adresser la parole...
Sven Thomasson Vërgson
20ème jour de Mai 2069
18 mai 2009
De la connaissance de soi
Il y a des lieux propices à la méditation. Certains plus que d'autres, je veux dire. Il y a ceux qui inspirent le respect - "sur le rocher sous la cascade glacée". Il y a ceux qui font sourire sans pour autant être moins efficaces - "sur le trône". Il y a ceux connus de tous mais dont la pertinence reste à prouver - "la salle de yoga peuplée de commères où se rend madame Wong tous les jeudi". Et puis il y a les personnels. Genre "sous ma douche".
Je ne sais pas si c'est l'eau qui me procure cette sensation d'apaisement propice à l'atteinte d'un niveau de conscience supérieur, mais le fait est que, si j'ai besoin de faire le point sur quelque chose, ma cabine de douche vaut bien la cascade glacée des légendes d'Asie. En moins glacée - merci le monde moderne.
Rien de tel pour évacuer les frustrations et pour se poser des questions de façon sereine et objective. Je ne sais pas si cela t'est déjà arrivé - tu me raconteras, hein ? - mais j'ai de nouveau été confronté de façon pourtant anodine à un sujet sur lequel je pourrais écrire un livre si jamais j'avais su écrire : la connaissance de soi. N'y a-t-il pas un acte dont tu te serais cru incapable ? N'as-tu jamais prononcé une phrase telle que "non, ça, je pourrais jamais" ? En y croyant très fort ? En étant persuadé que tu édictais une vérité fondamentale de l'univers ?
"Je pourrais jamais manger un insecte."
"Je comprends pas ces gens qui plaquent tout pour partir à l'autre bout du monde."
"Tromper ma femme ? J'en serai bien incapable."
"Je crois que je pourrais jamais bosser pour l'industrie de l'armement."
"Rester dix jours sans me laver, c'est inenvisageable."
"Han, j'peux pas aborder cette fille au bar, trop la honte !"
Et n'est-il jamais arrivé que, confronté de fait à la situation, tu réagisses différement de ce que tu aurais cru de toi ? Que tu te trouves des forces insoupçonnées ? Ou une faiblesse là où tu croyais être fort ? Ou que tu découvres que certaines choses deviennent acceptables, finalement, vues d'un autre point de vue ? Et comment as-tu réagis alors ?
Cela m'arrive, régulièrement. Et, plus que les situations diverses et plus ou moins sérieuses que cela concerne, c'est surtout le fait de ne pas si bien me connaître qui titille mon arrière-cerveau. C'est cela qui me pousse sous la cascade tiède de ma douche pour méditer. Hier soir, j'ai passé près de quarante-cinq minutes assi au fond de ma cabine de douche.
...
Hier, j'ai gagné un match de tennis.
Sven Thomasson Vërgson
18ème jour de Mai 2069
11 mai 2009
La nouvelle carrière de Boss
"... et comment le dire mieux que cela, mes amis ? Le responsable de la sécurité du district est celui qui a sauvé le quartier, lui apportant honneur et prospérité. Homme de bien et d'éthique, il est l'homme qui a fait baisser le taux de criminalité de plus de cinq pourcent en deux ans... et qui a fait augmenter le taux d'évanouissements féminins, et de bien plus que cinq pourcent !"
Il eut un sourire étincelant et l'assemblée s'esclaffa. Justin Tornblake est un jeune adjoint au maire, aux cheveux très blonds et aux dents très blanches. D'après ce que j'ai entendu dire il est ambitieux, riche, jeune, beau, dynamique. Et, alors qu'il continuais son éloge de Karrup sur la place du district, enrobant ses belles paroles d'un ton si mielleux que l'assemblée de citoyens me fit penser à un essaim d'abeilles, j'eus envie d'ajouter à cette liste d'adjectifs un dernier qualificatif : "sale con".
Mais si j'étais ici, adossé à l'arrière-garde de la foule, à me taper ce discours aussi sucré qu'une pâtisserie orientale, ce n'était ni pour Tornblake, ni pour Karrup. C'était pour Boss. Je peux pas te dire que je l'encourage vraiment à ce changement de voie - je le préférais en commercial de pacotille dans le domaine de l'électronique plutôt qu'en politicien - mais il prend une décision courageuse qui vaut bien que je le soutienne. Surtout qu'après tout, il n'en serait pas là si je l'avais pas abandonné d'un coup l'an passé pour partir à l'autre bout du monde, lui donnant ainsi l'envie et l'opportunité de faire le ménage dans sa propre existence.
"... et - comme le fairplay est son point fort - je laisse Mr Karrup vous présenter lui-même son futur adversaire aux élections de district ! Mesdames et messieurs, Lian Karrup !"
Sale con.
Je serrai les dents et les poings le temps que Karrup introduise mon ancien patron d'une façon habilement moqueuse. Ce n'est qu'au moment où il monta sur scène que je sortis mes mains de mes poches pour applaudir, étonné de voir que l'accueil du public était plutôt favorable. Ses premiers mots formèrent une gentille vanne qui remirent Karrup à sa place et un sourire sur mes lèvres.
Je restai plus d'une demi-heure à observer et écouter en silence avant de me détourner de la place et de rompre cet instant magique d'éloquence. Cet être à la vie en ruines se transformait en tornade de sociabilité quand il avait face à lui un public à captiver et quelque chose à vendre - fusse sa propre personne. Ma foi, ça fera peut-être cliché, mais le fait est que j'étais pas à mon top il y a quelques années, et que Boss m'avait tiré d'affaire. Je culpabilisai de l'avoir laissé tomber l'an passé, alors maintenant qu'il se dresse - politiquement parlant - face à Karrup, je crois que c'est mon tour de lui rendre service et de jouer les "ange gardien". Je connais bien Karrup.
Et c'est un sale con.
Sven Thomasson Vërgson
11ème jour de Mai 2069
08 mai 2009
Ceci n'est pas une excuse
Son sourire vacilla, le coin de ses lèvres s'abaissèrent avant de remonter par intermittence, comme un vieux néon en bout de course. Il avait frappé à ma porte avec enthousiasme sur un rythme bien connu, espérant m'embarquer pour une soirée en ville. Il était resté jovial à mon refus initial, sachant qu'en général il est aisé de me faire changer d'avis en pinçant la bonne corde. Problème : Hurley n'est pas guitariste.
"J'ai pas l'temps !"
Mon ancien boss - le bien nommé - m'a rappelé, et cette fois j'ai pu décrocher. Il va bien. Il a refourgué ses clients, a refourgué sa femme, a refourgué son ancienne vie. Comme ça, clac-clac. Il voulait me rencontrer, me parler de ses projets. Mais...
"J'ai pas l'temps !"
Cela faisait deux ans que j'attendais ce quatrième tome, impatient. Le dernier de la série. Celui qui expliquerait les mystères laissés en suspens dans le tome 3. Il est sur ma table de nuit. Le marque-page en page 1.
"J'ai pas l'temps !"
Ce blog était ma fierté, cumulant un grand nombre de visites journalières. Depuis mon retour, je voudrai l'alimenter plus.
"Mais bordel, j'ai pas l'temps..."
Et je le prouve.
Sven Thomasson Vërgson
8ème jour de Mai 2069