Blanc comme neige...

Le blog d'un terrien dans les années 2060, rédigé depuis une cité enterrée sous la glace et la neige, à une époque bouleversée par les changements climatiques.

27 janvier 2009

Mon perce-neige

Carnets de voyage de Stanislas Vërgson (extrait) - Second jour d'Avril 2046

A cause de ma grande gueule, je continue d'avancer. A cause de ma grande gueule, par obstination, parce que j'ai toujours eu du mal à accepter qu'on me dise ce que je devais faire, même si en l'occurence c'est aujourd'hui le Destin qui semble vouloir me dire "arrête-toi". Ben non, je continue.

Et pourtant, c'est dur. Depuis plus de dix jours désormais j'suis perdu dans les immensités glacées. J'avance dans les bourrasques, et le vent tourne autours de ma carcasse pour me narguer, et pour effacer les traces que je laisse derrière moi. Je suis désormais incertain de la direction à suivre. A vrai dire, j'sais même plus d'où je viens. La neige me fouette le visage, et je grimace, parce que même si j'vais pas en mourir, même si ce n'est pas si douloureux, c'est chiant. Quand je pose mon pied là où la glace semble solide, je m'enfonce jusqu'au genoux dans de la poudreuse et trébuche ; quand je tente de couper par un bois de sapins, j'erre deux heures avant de me retrouver à mon point de départ ; quand je termine l'escalade d'un pan escarpé, heureux d'en avoir terminé, la sangle de mon sac casse, ajoutant une difficulté là où je venais d'en effacer une.

Le Destin. Ou appelle ça comme tu veux.

Mais, hier soir, lors d'une pause vidange, le jet chaud de mon urine a frôlé un perce-neige. Alors j'ai pissé un peu plus loin, et puis je me suis mis à genoux prés de la fleur, l'observant de tout prés. C'était la plus belle chose que j'avais vu depuis que tout avait commencé à aller de travers, et ça m'a fait sourire. C'était pas grand chose, c'était juste un peu de tendresse, juste une pause pipi plus jolie que d'ordinaire. Et ça n'a pas résolu mes problèmes. Mais ça m'a fait du bien.

Et tant qu'il existera des perce-neiges, le Destin peut bien aller s'faire foutre.


***


Le fait que je sois tombé sur ce récit de mon oncle, hier, en déménageant, c'est du hasard. Que je te le poste ici, aujourd'hui, c'en est pas vraiment : tu sais à quel point j'aime les métaphores qui tombent justes...


Sven Thomasson Vërgson
27ème jour de Janvier 2069

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23 janvier 2009

Sensation de PAS déjà vu

Je crois que j'avais déjà ressenti ça une fois, un jour où j'avais entendu l'enregistrement d'une discussion à laquelle je participais. Tu t'entends parler toute ta vie, et soudain, tu te rends compte que la voix que tout le monde entend quand tu parles, ben ce n'est pas celle que TOI tu entends. Je trouve que ça fait peur : il y a tellement de choses qui passent dans la voix ! Et si ma voix n'est pas ma voix, qu'en est-il de mes intonations, de mes accents, de ma façon de sous-entendre des choses ?

Eh bien voilà qu'il m'arrive le même genre de questionnement, depuis hier, après avoir vu cette vidéo. Oh oui bien sûr, tu t'es déjà vu dans le miroir. Pendant que tu te rases, ou que tu te brosses les dents. Et à l'envers, dans le miroir, je te le rappelle. Mais est-ce que tu t'es déjà observé de l'extérieur dans la vie courante ? Quand tu marches dans les galeries glacées, quand tu fais tes courses, quand tu travailles, quand tu sors avec des amis ? T'es-tu déjà rendu compte que, tout comme pour la voix, l'impression que tout le monde a de ta présence quand tu es là, ben ce n'est pas celle que TOI tu penses donner ? Et oui, je trouve que ça fait peur : il y a tellement de choses qui passent par la gestuelle et l'attitude ! Et si ma façon d'être n'est pas ma façon d'être, qu'en est-il de l'ensemble de mon langage corporel, de mes sourires, de mes signes de tête ?

Et c'est là que ça devient vertigineux. Car si tu ne dis pas ce que tu penses dire, si tu n'agis pas comme tu penses agir, et si tu ne donnes pas l'impression que tu penses donner, tu n'es pas celui que tu crois. Ce que pensent les gens de toi, ce n'est certainement pas l'opinion que tu as de toi-même. A vrai dire, la seule personne qui pense ce que tu penses de toi, c'est toi.

Oui, c'est le scoop du jour.

Après, à toi de me dire si c'est une bonne nouvelle ou pas.


Sven Thomasson Vërgson
23ème jour de Janvier 2068


PS : et après, je critique Hurley...

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17 janvier 2009

Combattre la Mort

“Et si la Mort mourrait ?”

“Hum ?” fis-je avec un grand sens de l’à-propos, me redressant légèrement et simulant de mon mieux un air parfaitement alerte et concerné. Mais le mouvement qui m’avait sorti de ma rêverie n’était que le vol erratique d’un de ces éternels papillons de nuit autour de la lampe de chevet, faisant danser les ombres sur les parois de l’alcôve d’Hurley. Les murs, qu’il a peint d’un jaune qui se veut chaleureux, dansaient donc comme une flamme, dans des variations assez hypnotiques, et c’était peut-être ce qui avait permis à mon esprit  de s’envoler loin des réflexions - un peu excentriques, avouons-le - de mon meilleur pote.

Où en était-il, déjà ? Ah oui. La mort de la Mort. Le père d’Hurley est médecin, tu vois, et il a dévoué sa vie à la lutte contre la mort. Une lutte qu’on peut se permettre tant qu’on ne pense pas vraiment pouvoir gagner. Mais son fils, étendu sur un lit à deux pas de moi, était justement en train de refaire le monde… et si on arrivait à vaincre la Mort ? Serait-ce vraiment souhaitable ? Après tout, la mort fait partie de la vie, fait partie d’un cycle naturel. ‘Du’ cycle naturel. Blablabla.

J’ai soupiré, porté mon verre à mes lèvres, mais il était déjà vide. La bouteille d’élixir de fruits trônait là-bas, sur la table, mais je n’avais pas envie de quitter le confort moelleux du fauteuil. Dommage : un second verre m’aurait aidé à ignorer Hurley.

“Sans déconner Sven. Avec les progrès de la médecine, les hommes vivent de plus en plus vieux. Plus longtemps que la Nature ne l’a décidé au départ. Et la population augmente. Et vieillit. Et si au final on arrêtait de mourir ? Tu crois qu’on est capables de gérer tout ça ?”

Normalement, quand il me pose une question, il n’attends pas que je réponde et me place une citation d’un gars célèbre. Si possible qui va dans son sens. Sinon, dans aucun sens en particulier. Tout est une question d’adaptation.

“Tu te souviens de ce que disait Darwin, Sven ?”

Ah ah. Y’a vraiment des fois ou je m’épate moi-même.

“Les forts vivent, les faibles disparaissent, la population s’autorégule et l’espèce évolue.”

Il a dit ça ?

“Dans ces conditions, et si la mort est si utile - ou tout au moins indispensable - à la vie, la question évidente à se poser est bel et bien la suivante : est-il pertinent de combattre la mort ?”

Ou bien “quelle heure est-il ?” ou “est-ce qu’il reste des chips saveur vinaigre de sel ?”. Mais Darwin n’aimait peut-être pas les chips.

“Tu veux savoir pourquoi un toubib fait son métier, Sven ? C’est purement égoïste : c’est gratifiant, on obtient beaucoup de reconnaissance, on est aimé de ses pairs, et on acquiert le bonheur personnel de faire le bien. Car où est le mal de sauver la vie d’une personne si on le peut ? Non, non, c’est un bien.”

C’est à ce genre de réflexion qu’Hurley dévoile son éternel célibat : il n’a semble-t-il jamais entendu parler des belles-mères.

“Sauf qu’un bien personnel est souvent tout l’opposé d’un bien collectif. Oh, bien sûr, individuellement on aimerait tous vivre plus longtemps, ou préserver les gens qu’on aime. Mais si tout le monde obtenait satisfaction, à l’échelle du monde ? Ce serait mal. Le plus grand mal qui pourrait arriver.”

Le bien personnel, opposé au bien collectif. Wouhaou. C’est du profond, ce soir. Pas si con, remarque, mais… hou punaise, il me regarde. Il attend une réponse. J’ai froncé les sourcils et grommelé un truc inintelligible - même pour moi. Des fois ça suffit.

“T’es pas d’accord Sven ?”

Merde : ça suffit pas. J’ai soupiré, me suis appuyé sur les accoudoirs du fauteuil et me suis levé péniblement, collectant mon verre vide et me dirigeant d’un pas traînant vers la bouteille d’élixir.

Avec une seule question en tête : qu’est-ce que vous voulez répondre à un pote qui vous balance, à trois heure du mat‘, des trucs comme…

"Et si la mort mourrait ?"

Sven Thomasson Vërgson
17ème jour de Janvier 2069

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14 janvier 2009

Relatif

Le problème, c'est que je suis borné.

Mais c'est ainsi : j'avais décidé que je passerai voir Lewis ce soir après mon rendez-vous de visite d'appartement, et donc il fallait que j'aille voir Lewis. L'emploi du temps du reste de ma semaine est extrêmement chargé, et je savais que si je n'y allais pas ce soir, ça allait reporter encore ces retrouvailles qui avaient déjà bien assez attendu. C'est vrai qu'il commence à avoir l'habitude de ne me voir qu'une fois par an, Lewis, mais c'était pas une assez bonne raison pour faire fléchir ma volonté.

Je regardais donc l'heure sur mon téléphone portable de façon particulièrement ostensible, histoire que l'agent immobilier me lâche enfin la grappe. Il continua néanmoins son monologue jusqu'à ce que je soupire bien fort.

"Avez-vous encore un peu de temps pour que je vous montre le garage ?" osa-t-il me demander.

J'eu pu exploser, lui hurler de regarder ses fiches pour constater qu'il avait lui-même coché que je n'avais pas de voiture, mais au fond de moi je compris que ce ne serait pas un gain de temps.

"J'ai un rendez-vous dans... hum... il y a vingt minutes..." répondis-je, déjà sur le pas de la porte.

Cinq minutes de blabla plus tard, j'entamais un sprint dans le couloir, sautais par-dessus la rambarde de la traverse externe, pour retomber devant l'arrêt de bus. Ledit bus, bondé, s'éloignait déjà au bout de la galerie.

"Et merde..."

J'entamais alors une marche rapide vers le district 8, espérant couper par la traverse D. Mais arrivé devant, je me retrouvais devant un grillage solide et une pancarte jaune "fermée pour travaux".

"Quand ça veut pas..."

Suivant la déviation pour piéton, je me retrouvais au coin de la rue où habite Hurley, et je décidais de tenter le tout pour le tout : débarquant dans sa piaule, je lui demandais s'il voulait venir boire un coup au Jazz Cat avec moi... à condition de m'y conduire, et vite.

"T'as oublié Sven ? Elle est au garage, ma caisse."

J'avais oublié. Il commençait à se faire tard. Et Hurley de me dire :

"C'est quand même con que depuis la théorie de la relativité, personne n'ait encore mis au point la téléportation, hein ? Pauvre Einstein..."

Relativité mon cul. Einstein mon cul : c'est pas lui qui court.

Je sortais en trombe, plus tétu que jamais. J'avais la poisse, une sacrée poisse noire qui colle bien, mais je n'étais pas décidé à la laisser m'abattre.

"Je suis un poissard, je suis un poissard..." marmonais-je tout le trajet, comme un mantra. Je te prie de croire que pendant cette longue marche solitaire dans les galeries glacées de la citée Azur, j'ai envisagé que Lewis pouvait se révéler absent du club ce soir. Au point où j'en étais. Je fus presque surpris de le trouver derrière son bar, essuyant un verre déjà immaculé à l'aide d'une serviette bien blanche.

"Oh, Vë'gson, mon pote ! Punaise, je suis content que tu sois venu me voi' ! Dis donc, c'est le destin : j'ai eu quelques p'oblèmes de famille et j'ai dû m'absenter tout l'ap'em. Tu se'ais venu cinq minutes plus tôt, tu me 'atais dis donc ! Tu se'ais pas un peu veina'd, mon pote ?"

Je te laisse goûter tout le sel de l'histoire. Sacré Einstein.

"Veinard, veinard... Tout est relatif, Lewis."

Sven Thomasson Vërgson
14ème jour de Janvier 2069

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12 janvier 2009

A la recherche des mots perdus

"...
- ...
- Bon... euh... à part ça, ça va ?
- Ouais, on fait aller.
- ...
- ...
- Bon, ben... voilà quoi...
- ..."

C'est dur.

Je suppose que tu le sais, car ça t'es déjà arrivé non ? Être gêné, ne pas savoir quoi dire, vouloir frénétiquement savoir quels mots utiliser, pour au final sortir une phrase qui sonne horriblement faux ?

J'ai horreur de passer pour un con. Mais quand on est con, c'est pas toujours évident de faire autrement, hein ? Je suis le premier à dire qu'il faut privilégier le réel au virtuel, et l'oral à l'écrit. Mais il faut bien avouer que si la plupart des gens font le contraire, c'est bien parce que c'est plus facile. Le téléphone à l'oreille, les yeux dans le vague, j'essayais désespérement de trouver quelque chose à dire d'intelligent. Ou de drôle. Ou les deux. J'aurais pu dire n'importe quoi pour que ça provoque une réaction positive en face ; Une réponse enjouée ; Ou juste un sourire. Mais j'ai pas pu. Je suis resté à dire des banalités affligeantes, à rigoler bêtement à mes propres phrases même quand elles n'étaient pas supposées être drôles, ou à écouter son silence sans réussir à le combler avec autre chose que le mien. Putain.

J'aimerais être l'un de ces héros de cinéma toujours super classe et à la réplique qui tue. Celui qui, même dans la merde la plus noire, trouve toujours un truc spirituel à dire. Celui qui, face à la plus superbe des créatures, arrive à sortir LA seule phrase qui ne fera pas ringard ou déplacé. Mais je ne le suis pas.

Tu sais pourquoi j'aime écrire ? Parce qu'à l'écrit ce n'est pas grave si je ne trouve pas mes mots. Parce qu'à l'écrit j'ai le temps de les chercher.

Parce qu'à l'écrit j'ai franchement l'air moins con.

Sven Thomasson Vërgson
12ème jour de Janvier 2069

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09 janvier 2009

Des joies de la route

J'étais en voiture.

Nan, je te le dis, parce que quand même ça m'arrive pas souvent. Premièrement car je n'ai ni permis de conduire ni voiture ; secondement parce que j'ai finalement assez peu l'occasion de monter dans celles des autres.

Là, j'étais en voiture. Dans celle d'Hurley.

Il roulait pépère, pour une fois. C'est pas pour le couvrir, c'est la vérité : c'était pas sa faute, pour le coup. Le cabriolet a grillé la priorité, Hurley a pilé, moi j'ai gueulé, et ça a tapé. Pas trop fort, je te rassure tout de suite, mais un peu quand même. Boum, qu'il a fait notre pare-choc contre le sien. Boum boum, qu'il a fait mon sang dans mes tempes. Boum boum boum, qu'il a fait le poing d'Hurley sur le volant.

"Foutrebordel mais c'est pas possible ! C'est une gonzesse encore ça non ?"

Oui, Hurley est mysogine à ses heures. Que veux-tu, personne n'est parfait, même pas moi, surtout pas lui. Et en l'occurence, c'est bien une femme qui est sortie du cabriolet. On en est restés comme deux ronds de flan tant elle était gracieuse, belle et neuve comme la neige. Sans nous jeter un regard et sans s'offusquer des coups de klaxons provenant du camion bloqué derrière nous, elle a fait le tour de son véhicule et - nous tournant le dos - s'est penchée sur son pare-choc. Médusés, nous avons bien du avouer qu'elle était aussi bien de fesses que de face.

Encore sous le choc, je n'avais pas encore bougé. Hurley non plus. Et alors qu'il mettait enfin la main à son côté pour détacher sa ceinture de sécurité, elle haussait les épaules et retournait s'assoir devant son volant. Mon pote s'affolait alors, ouvrant sa portière, levant le bras, gueulant un bête
"Hé ! Attendez !". Mais c'était trop tard : levant - toujours aussi gracieusement - un majeur manucuré à notre attention, la donzelle claqua sa portière et redémarra en trombe, poussée par la vague de voitures qui patientaient derrière elle. Comme la marée elle était venue jusqu'à nous, nous avait frôlé, et était repartie.

Plus les galets ont roulé, plus ils sont polis.
Pour les automobilistes, visiblement, c'est le contraire.


Sven Thomasson Vërgson
9ème jour de Janvier 2069

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04 janvier 2009

Début d'année

"Tu voulais pas arrêter ?
- Mais j'AI arrêté.
- Ouais, au moins trois fois ces deux dernières années."

Hurley a haussé les épaules et est entré dans le café. Je l'ai suivi jusqu'au comptoir, pour la bonne raison que j'avais pas envie d'attendre dehors. C'est que ça pèle, en ce moment, dans les galeries. Le gars derrière le comptoir a souri largement en émettant un " Bonne année !" particulièrement sonore. Hurley a eu l'air super surpris, et même moi il m'a bien fallu deux secondes pour sourire en retour et répondre "Ouais, à vous aussi, bonne santé surtout hein !".

Hurley a acheté ses clopes, et on est ressorti.

"Eh bé, il était de bonne humeur, le Ben !
- Ben, le barman du café ?
- Ouais. Il fait toujours la gueule, d'habitude."

J'ai souri mais j'ai rien dit. Faut bien avouer que les échanges de voeux en Janvier, c'est un peu lourdingue, mais c'est toujours plus sympa que le tirage de gueule du reste de l'année. A côté de moi, Hurley froissait dans sa main le film plastique transparent qui protégeait jusqu'ici son paquet de cigarettes. De l'autre main, il tenait ouvert ledit paquet, observant le bout des petits cylindres blancs d'un air concentré. Je l'ai laissé faire quelques secondes puis, comme il marchait sans regarder où il allait, j'ai tourné la tête vers lui.

"Qu'est-ce qu'y a ?"

Il m'a regardé comme si je le sortais d'une rêverie. Il a fait un pas de côté vers une poubelle publique et y a jeté le plastique ainsi que le paquet de clopes.

"Non non, rien" qu'il m'a répondu en souriant.
"Je me disais juste qu'il fallait bien que ça serve à quelque chose".

C'est vrai que c'est à ça qu'ça sert, les débuts d'années : arrêter de fumer et être - exceptionnellement - gentil et bienveillant avec autrui.

Sven Thomasson Vërgson
4ème jour de Janvier 2069

Posté par STV_ à 21:02 - Entre gris clair et gris foncé - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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