"Et pourquoi pas ?
- Oh Hurley, t'es chiant...
- Nan mais dis-moi ? Pourquoi faire un pataquès le 31 Décembre pour souhaiter une bonne année, et ne pas organiser une soirée chaque dimanche soir pour souhaiter une bonne semaine ? Ou faire ça chaque jour pendant qu'on y est ?
- Les gens polis disent 'bonjour' tous les jours, tu sais ?"

Ne fais pas attention : Hurley est mal luné. Il fait partie de cette masse des 'anti-fêtes de fin d'année'. Choisis ton camps : il y a ceux qui aiment juste - par principe - être à contre-courant ; ceux qui réalisent en fin d'année que le temps passe et qui ne l'assument pas ; les réfractaires au changement qui flippent devant le symbole ; les solitaires qui ont peur de n'être invités nulle part et qui s'excluent eux-mêmes pour ne pas être déçus... bref, les raisons à la con sont nombreuses et les mauvaises excuses légions pour esquiver ces réveillons qui nous fournissent pourtant une bonne excuse pour passer de bons moments.

"Et puis de toute façon j'ai pas de tune.
- Tu m'as déjà vu boire du champagne ? Et tu sais bien que je mange pas de saumon.
- Ouais mais c'est le principe commercial du truc qui me dérange tu vois, cette boulimie capitaliste...
- On n'est pas obligés d'acheter quoi que ce soit je te dis.
- On n'est pas non plus obligés de se forcer à s'amuser juste parce que c'est le 31.
- Cet argument n'est valable que si tu t'amuses super souvent en dehors du 31."

J'étais pas loin de lâcher l'affaire : le forcer à venir ne servirait pas à grand chose s'il faisait sa mauvaise tête, car les gens comme Hurley sont capables de pourrir une ambiance juste pour pouvoir dite à posteriori "je vous l'avais dit, c'était nul comme soirée". C'était peut-être mon imagination, mais dans son regard mauvais c'est cette menace que je crus lire. Pourtant, par entêtement, je persistais.

"On n'est pas obligés de se forcer à s'amuser le 14 Juillet non plus, hein, et pourtant t'es toujours le premier à me demander les sorties flocons de feu."

La dernière fois il avait même dépensé une petite fortune pour nous offrir un rhum ambré de vingt ans d'âge - bien meilleur que n'importe quel champagne - et je suis sûr qu'il se rappelait bien de notre dégustation à la surface, le cul dans la neige et les yeux dans les étoiles.

"Mouais nffmmmblllpopareilnffmmmblll..."

On ne peut pas aider ceux qui ne veulent pas être aidés, ni rendre heureux ceux qui ne veulent pas l'être.

Mais ne te laisse pas embarquer : fais ce que tu veux pour le réveillon, mais prends-y du plaisir.

Ah !
Et bonne année, bien sûr.


Sven Thomasson Vërgson
Avant-dernier jour de Décembre 2073