11 décembre 2007
L'entretien final
« Monsieur, votre CV est particulièrement intéressant… »
C’est comme ça qu’a commencé l’entretien d’Hurley. Comme ça qu’il me l’a raconté, en tous cas.
« Votre profil correspond tout à fait à ce que nous recherchions. Il y a beaucoup de points qui jouent en votre faveur. »
Forcément, ça lui a gonflé le cœur, à Hurley. Ma foi, ça se comprend : ça faisait un bail qu’on lui avait pas dit des choses comme ça. Mais tu connais Hurley, il est pas trop du genre optimiste. A ce moment-là, malgré son énorme envie d’avoir ce job, il s’est dit que c’était trop beau pour être vrai. La moue de la bonne femme des ressources humaines a confirmé ses craintes.
« C’est pourquoi je suis tellement désolée, Monsieur. J’aimerais réellement pouvoir vous embaucher, mais hélas on ne peut pas toujours faire ce qu’on veut dans la vie. La conjoncture pour notre société n’est pas idéale, c’est un peu compliqué en ce moment. Il y a eu des restructurations, des problèmes de budget… »
Hurley a alors commencé à se tortiller sur sa chaise : il est un peu comme moi, Hurley, il aime pas trop tourner des heures autour du pot. Elle l’a compris.
« Je suis désolée, Monsieur, mais je crains qu’on ne puisse poursuivre plus avant. Bien entendu, nous resterons en contact, et je n’ai nullement le désir de perdre un candidat tel que vous ! Bien qu’à mon avis, votre CV est si intéressant qu’il est peu probable que vous restiez sans emploi encore longtemps… »
Si elle avait su combien de fois on la lui a servi, cette réplique, à Hurley ! Si elle avait su depuis combien de temps ça dure ! Si elle avait su… si elle avait su elle aurait fermé sa gueule, je pense. Et Hurley de conclure son récit par une remarque pessimiste, certes, mais qui sonne plutôt juste :
« Tu sais ce qui me déprime le plus dans l'histoire, Sven ? C'est qu'elle était absolument sincère. Et que je suis presque certain que dans trois mois la boîte recrutera un imbécile bien moins compétent que moi… »
Que voulais-tu que je lui réponde ? Je ne sais pas toi, mais en écoutant son récit j’ai personnellement eu une oppressante sensation de déjà vécu…
Sven Thomasson Vërgson
11ème jour de Novembre 2067
07 décembre 2007
Perdu
C’est la scène classique du cinéma policier : le meurtrier commet son forfait, et tente ensuite de se débarrasser du corps de la façon la plus permanente et la plus discrète possible. Certains sont très imaginatifs, et les stratagèmes vont des plus simples aux plus compliqués : le découpage en morceaux pour la mise au frigo, le bain d’acide dans la baignoire, l’enterrement au fond du parc public, les pieds dans le béton au fond du canal… bref, c’est toujours assez capillotracté. Alors que tout le monde sait bien que, pour faire disparaître quelque chose corps et biens dans la vie réelle, il suffit de le confier aux bons soins de la Poste.
« Perdu ? Comment ça perdu ?
- Ben on ne sait pas où il est.
- Ah oui. Perdu, donc. »
J’ai horreur de ça. S’énerver sur la pauvre fille au guichet n’est même pas utile – en plus d’être mesquin et un peu inhumain – alors que la seule chose dont tu as envie à ce moment-là c’est de filer un coup de boule au premier venu. Mais tu ne peux pas. Ton seul recours, c’est de faire une réclamation, qui va permettre d’ouvrir une enquête interne, durant laquelle ils vont chercher ton colis perdu sans le retrouver. Tu sais où il est ton colis, au final ? Dans ton cul, tout juste.
Et puisqu’on parle de trou noir, je me demande si la Poste ne ferait pas mieux d’embaucher quelques astrophysiciens, histoire de vérifier ses entrepôts…
Sven Thomasson Vërgson
7ème jour de Décembre 2067
06 novembre 2007
Parenthèse
J’ouvre une parenthèse.
Je n’ai pas envie de la fermer. Ma gueule, je veux dire. Et pourtant je ne trouve rien à te raconter. C’est pas que j’hiberne, hein, ni que ma vie se soit figée dans une gangue de glace. Mais comme cela arrive de temps à autre, rien ne sort : mon inspiration s’est roulée en boule au fin fond de mon arrière-cerveau, au chaud, et refuse obstinément d’en sortir. Et j’ai fait largement assez de gras récemment pour qu’elle tienne un siège : attends-toi à ce que ça dure un peu. Si ça peut t’apporter un quelconque réconfort, saches que mon inspiration m’a déjà prouvé plusieurs fois par le passé que la forcer ne menait à rien de bon, et qu’à attendre qu’elle refasse le plein de sens mes mots gagnaient en intérêt.
J’ouvre donc une parenthèse, et ferme un peu ma gueule.
Sven Thomasson Vërgson
6ème jour de Novembre 2067
16 octobre 2007
Paris sera toujours Paris
La citée îles de France est de loin la plus vaste citée enterrée de l’ex-France. Elle disposait déjà, du temps de l’Avant, de très nombreux tunnels et galeries, d’un réseau arachnéen de métros et d’un bon nombre d’infrastructures souterraines. Forcément, quand vient la neige, ça aide.
Aujourd’hui, la couche de poudreuse atteint presque le second niveau de la tour Eiffel, et la glace fichée dans l’imposante armature de métal la fait sembler, par beau temps, à un étrange palais de cristal tout droit sorti d’un quelconque univers de fantasy. En dépit de cela, la vie sous terre est incroyablement bien organisée : se déplacer est par exemple bien plus aisé que dans la citée Azur, qui n’a jamais disposé du métro ni d’un réseau historique souterrain aussi riche que celui de cette citée que les habitants nomment encore Paris.
Je ne peux néanmoins me départir de cette impression de ruche, qui m’obsède encore plus ici que chez moi. J’étouffe et soupire dans les larges galeries inondées de passants, et regarde tous ces gens d’un air ahuri et impressionné. Oppressé. Comme si je faisais une crise de claustrophobie. C’est par où la sortie, dis-moi ? D’après les écrits de mon oncle Stan, Paris était déjà ainsi dans l’Avant, capitale surpeuplée et grouillante. Et même à l’époque des boulversements climatiques, alors que mon oncle observait la métamorphose de la citée, il écrivait « Paris sera toujours Paris ». Je crois qu’il a raison.
Ceci explique en partie pourquoi, malgré un séjour qui m’aura permis de me changer les idées et de voir des amis, je suis soulagé de rentrer. Je rapporte avec moi quelques artefacts : une écharpe, un livre, des souvenirs et un peu de nourriture, autant de fragments qui me rappelleront ce séjour. Et qui me rappelleront aussi, s’il en était besoin, cette indécrottable certitude : je ne suis décidément pas fait pour la vie urbaine.
Sven Thomasson Vërgson
16ème jour d’Octobre 2067
J'ai vu large. J'ai vu l'espace. Et finalement, trouvant la Grande Nature particulierement jolie et rassurante, j'en viens a redecouvrir les charmes d'une ville. Ses avantages. Pas fait pour la vie urbaine ? A voir. Inapte a habiter Paris ? Finalement, je me demande. J'y pense, parfois. T'en penses quoi, toi, dis-moi ?
Sven Thomasson Vërgson
24ème jour de Mars 2068
05 octobre 2007
Homéostasie
"Partout, les restes délabrés de notre sacro-sainte civilisation se dressent dans le ciel noirci, étendards déchirés d'un empire de métal et d'orgueil, temples en ruines d'un culte impie à la modernité.
[...]
Nous grouillions sur la Terre, comme des sangsues. La nature se flétrissait au contact de nos villes. Nos usines charriaient la pollution vers les eaux souterraines, et nous détruisions tout. L'homme ne se reproduisait plus, il pullulait. Nous ne survivions plus, nous dominions, souverains de ces terres qui nous ont élevés, bercés, nourris... Qu'étions-nous devenus, sinon des parasites ?"
Je fermais lentement le vieux carnet craquelé et frottais d'un geste machinal mes yeux fatigués. Les carnets de mon oncle regorgent de passages de ce genre, d'avis tantôt scientifiques tantôt mystiques sur les déchaînements climatiques de ces dernières décennies, ce dérèglement qui a peu à peu transformé notre planète bleue en planète blanche. Ou comment le réchauffement climatique a sonné l'heure d'une nouvelle ère glaciaire. Quelle ironie.
L'une des théories de mon oncle - celle que je trouve la plus savoureuse - parle du phénomène d'homéostasie. Je suis pas scientifique moi-même, alors t'attends pas à une explication trés chiadée, mais disons que l'homéostasie est la recherche perpétuelle de l'équilibre par un organisme ou un système donné. C'est ce qui se passe quand ton corps brûle des calories quand tu as froid, pour maintenir ton organisme à 37°C. Tout organisme ou système complexe recherche en permanence un état d'équilibre dans lequel il se sent bien. Mon oncle laissait entendre que ce principe devait s'appliquer à la Terre entière, en temps que système. Et que si quelque chose - sous-entendu l'être humain - venait à briser l'équilibre, le monde contrebalancerait en réagissant dans l'autre sens.
Alors quand tu vois comment la Terre a réagit aux accroissements de températures engendrées par l'Homme, et comment ça a sacrément stoppé sa domination, à ce drôle de mammifère, eh bien je trouve qu'il y a de quoi se poser des questions. J'aime à penser que mon oncle n'était pas loin de ne pas avoir tort.
Homéostasie.
Quelque part, je trouve ce mot poétique. Rassurant. Je sais pas toi, mais je trouve qu'il sonne bien en bouche. Un peu comme rédemption. Ou balance. Ou "bien fait pour ta gueule".
Sven Thomasson Vërgson
5ème jour d'Octobre 2067
04 octobre 2007
La porte
"Vërgson, je suis ivre de toi...
- Pardon boss ?
- Tu me saoules !
- Ah..."
C'est un peu tendu, le taf, en ce moment. Et pourtant, on n'est que deux à l'atelier. Tout le monde sait très bien que les problèmes, au boulot, sont majoritairement liés au relationnel. A l'humain. C'est comme en informatique : quand y'a une merde, elle se situe généralement entre la chaise de bureau et le clavier. Je ne sais donc pas comment font les grosses sociétés pour survivre à leurs propres employés : nous, on est deux, et on est déjà pas capables de se gérer. L'atelier ne manque pas de clients, mais il est en péril. Faut avouer aussi que si un seul d'entre nous pète les plombs et claque la porte, l'autre est sacrément dans le caca...
J'y pense, parfois, pas toi ? A claquer la porte. Pouvoir dire "je me barre", observer les regards stupéfaits et vaguement envieux des autres, se draper dans une dignité de bon aloi et sortir comme un prince, libre d'aller où tu veux. Mais où veux-tu aller ? La voilà la question. Quand tu seras sur le seuil, avec la porte derrière toi, tu iras où ? Quand l'adrénaline de cette petite victoire sera retombée, t'en penseras quoi ? Quand le froid de l'extérieur rafraîchira tes esprits, tu regretteras pas ton bureau près du radiateur ? Tu regarderas pas en arrière, cette porte franchie des milliers de fois, en te disant "boarf, allez, j'y retourne, je dirais que c'était une blague" ?
Je sais pas toi. Mais moi je me connais, et je connais ma grande gueule : j'enfoncerais mes poings bien au fond de mes poches, je traverserais la rue dans le froid en rentrant ma tête dans mes épaules, je serrerais les dents, et murmurais pour moi-même :
"Qu'ils aillent se faire fout', je r'viendrais jamais !"
Je m'éloignerais alors dans la lumière faiblissante des réverbères, vers de nouvelles aventures.
"Hé, Vërgson ! Tu me le valides ce plan ou je demande l'avis de ma grand-mère ?"
Bon, en attendant, tu m'excuses, j'ai du taf à terminer.
Sven Thomasson Vërgson
4ème jour d'Octobre 2067
02 octobre 2007
Bonne nuit
Je rentre tard, à la lumière faiblissante des réverbères du district 5. Je n’aime pas ça. Non pas tant à cause d’une puérile peur du noir, mais bien parce que cela me rappelle – nous rappelle à tous – combien notre vie souterraine est artificielle.
Ce sont les psychologues qui l’ont dit : l’humain a besoin de repères. De respecter un cycle. Il a besoin qu’il fasse jour le jour, et qu’il fasse nuit la nuit. Alors on a mis en place un système d’éclairage qui varie avec l’horloge : le jour, l’éclairage est à fond, et les galeries sont très bien éclairées. Je vais pas te dire qu’on y voit comme en plein jour, parce que ça m’arracherait la gueule de prononcer une phrase pareille, mais c’est ça l’idée. Et puis, en fin de journée, lentement, les luminaires baissent d’intensité. Pas jusqu’à s’éteindre, bien entendu, mais juste assez pour que tu ne distingues plus bien ce qu’il y a entre les ombres. Juste assez pour raviver tes peurs d’enfants. Ou pour dissuader les femmes d’une balade solitaire.
Les papillons de nuit, ces résistants insectes, pullulent dans les galeries. En journée, quand la citée est baignée de la lumière blanche des néons, tu ne les vois pas. Mais ce soir, tandis que je marche, simplement guidé par les lueurs désormais blafardes, je les vois virevolter autour de ces pâles soleils. Ou lunes. Ils y croient, les papillons, à cette nuit artificielle. Moi, j’ai besoin de faire un détour par la place de St Moldan, sous la coupole de nanoplexi, si je veux me persuader que dehors les étoiles – les vraies étoiles – brillent bien dans le ciel bleu nuit. Je vais m’asseoir sur le banc de droite, à côté de la vieille dame, qui est là tous les soirs à la même heure, le visage levé. Je reste cinq minutes, rarement plus, juste le temps que mes yeux s’habituent à l’obscurité et distinguent les étoiles. Les vraies étoiles. Ensuite je me lève, et dis « bonsoir, madame ». Et elle me répond invariablement « je vous souhaite la bonne nuit, monsieur ».
Alors seulement je suis rassuré. Et c’est ainsi que j’entretiens cette certitude au fond de moi, cette croyance que tout n’est pas faux.
Sven Thomasson Vërgson
Second jour d’Octobre 2067
18 septembre 2007
Crapaud
« Le monde manque un peu de magie, je trouve… »
Il m’écoutait sans rien dire en me regardant dans les yeux. J’avais besoin de parler, et je le trouvais bien placé pour m’écouter.
« Je veux dire… ça va te paraître un brin naïf, mais étant gosse j’ai été pas mal marqué par les contes et légendes que me racontait mon oncle. Tu vois de quoi je cause ? Les aventures épiques, les gentils qui gagnent à la fin, le coup des princes charmants…
- Croâaa ? »
Le crapaud pencha la tête de côté, puis plongea souplement depuis le tuyau d’évacuation. Je suivis des yeux la nage du batracien jusque sur l’autre rive du canal d’écoulement du district 7. Je soupirais.
« C’est ça, casse-toi aussi, va… »
Et dire que je pensais trouver une oreille attentive auprès d’un cousin ! Je me sentais parfaitement crapaud, ce soir, et j’avais pensé qu’il pourrait me comprendre. Ou compatir, au moins. Au lieu de ça, il fit mine de ne pas m’entendre et bondit deux ou trois fois à l’opposé de mes jérémiades.
« Oh, maman, maman ! Regarde, une grenouille ! »
Une gamine surgit d’une étroite galerie, de l’autre côté du canal. Elle ouvrit grand les yeux, joignit ses mains sur sa poitrine, et couru droit sur l’ingrat petit animal.
« Violette, s’il te plaît, revient ici ! » appela la mère.
Mais la fillette – elle aussi – fit mine de ne rien entendre. Elle se pencha, attrapa le crapaud d’un geste sûr, et le leva devant ses yeux. La bouche en cœur, elle éclata de rire et l’emporta.
« Enfoiré… » murmurais-je.
Je me retournais, enfonçais mes poings bien profond dans la chaleur de mes poches, et m’éloignais, solitaire, dans la lumière faiblarde des réverbères.
Je persiste et signe : le monde manque décidément un peu de magie...
Sven Thomasson Vërgson
18ème jour de Septembre 2067
11 septembre 2007
Lignes, courbes et paraboles
« C’est pas juste.
- Ça ne l’est jamais.
- Il n’y a pas de solution ?
- C’est la meilleure.
- Tu en es sûr ? »
J’ai hésité au moment de hocher la tête, et cette petite seconde de blanc a contredit complètement mon acquiescement. Son expression triste me prouva qu’elle avait compris. Compris que je disais oui parce que je pensais que c’était mieux de dire oui, mais qu’en fait… en fait, j’en savais fichtrement rien.
C’est étrange, la vie, parfois. Pourquoi ça s’est passé comme ça ? Pourquoi nous sommes-nous revus dans ces conditions, à ce moment-là ? Pourquoi pas il y a trois mois ? Pourquoi pas jamais ? Pourquoi ce soudain rapprochement improbable entre deux âmes solitaires ? Pourquoi juste au moment où nos routes bifurquent ?
Nous sommes restés là, debout face à face, à nous regarder. N’osant ni bouger, ni parler, ni sourire, ni détourner les yeux. La tête ressassant des « et si ? ». Mais comme au Monopoly, tu retombes finalement toujours à la case départ. Alors elle s’est dirigée vers la porte, en passant à côté de moi. Me frôlant, mais ne me touchant pas.
Deux paraboles se rapprochant jusqu’à la tangente. Deux lignes se rapprochant mais qui ne se croisent pas. Et qui s’éloignent. Je suppose qu’il n’y a qu’à la fin de ta vie que tous les traits de ton existence forment un dessin cohérent.
« C’est pas juste », a-t-elle répété en tournant la poignée.
La vie n’a pas à l’être. Et en vérité, elle ne l’est jamais.
Sven Thomasson Vërgson
11ème jour de Septembre 2067
05 septembre 2007
Fracture
Le papillon de nuit suivait d'un vol erratique la ligne droite des réverbères, comme un marin ivre. Et je suivais le papillon. J'étais parfaitement sobre.
La cité Azur grinçait. Elle grince tout le temps. Elle n'est jamais silencieuse : elle vit. Et même si je te casse les couilles tout le temps au sujet de la Nature et de la surface, même si je suis loin d'être un fanatique urbain, j'avoue que j'aime bien l'ambiance de ces galeries. J'allais dire "de MES galeries", ça veut tout dire.
Un chien aboya au loin, le métro ronronna dans la galerie d'à côté, et je me suis dit que l'instant présent faisait trés "cliché". Un frisson descendit de ma nuque jusque dans mes testicules, je m'ébrouais et m'arrêtais un instant. Je pris une profonde inspiration. Tu sais, la ville souterraine a vraiment une odeur à elle. Unique.
Le moment aussi était unique. Je sais pas, j'étais dans un état second, comme à l'écoute de tout. Réceptif. Avec l'impression de tout saisir, de tout entendre, de tout comprendre, d'être sur le point de capter la vérité du monde tout entier.
Et c'est là, en reprenant ma marche, que j'ai glissé et que je me suis lamentablement pété la gueule dans la rue. Double fracture ambiance / amour propre.
P'tain, je crois qu'il faut que je fasse une cure de calcium...
Sven Thomasson Vërgson
5ème jour de Septembre 2067